Interview avec News Assurances Pro aux Journées du Courtage 2018 : les évolutions du métier de courtier

Depuis toujours, je me rends aux journées du courtage afin de m’informer sur les nouveautés du métier qui était le mien il y a quelques années. À cette occasion, News Assurances Pro a souhaité avoir ma vision sur les évolutions du métier courtage et du secteur de l’assurance.

Thierry Goudy :  Re-bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur le plateau de News Assurances Pro aux journées du courtage. J’ai le plaisir d’accueillir sur le plateau Solly Azar. Bonjour Solly Azar.

Solly Azar :  Bonjour Thierry !

Thierry Goudy : Comment allez-vous ?

Solly Azar : Je vais très bien ! Merci.  

Thierry Goudy : Ça nous fait plaisir de vous avoir en face de nous en France. Qu’est-ce que vous faites aujourd’hui Solly ?

Solly Azar :  Ben écoutez, je suis de passage à Paris. Je viens à Paris à peu près un mois par an. J’accompagne mon fils, David Azar, qui a une trentaine d’années et qui lance un courtier d’assurances 100% digital.: Nouga.fr. Il est complètement dans l’air du temps et je crois que ça va révolutionner – je l’espère –  le métier de courtier dans sa relation avec l’assuré.

Thierry Goudy : Il est à la bonne école, n’est-ce pas ?

Solly Azar :  Je conseille. Je ne dirige pas ! Je conseille. Il a fait du marketing digital toute sa vie avec de grandes entreprises. Aujourd’hui, je lui ai conseillé d’utiliser toutes ses compétences en marketing digital à son profit. Il vaut mieux qu’il utilise ses compétences pour lui-même. Dans un métier que je connais !

Thierry Goudy : C’est vrai ! Quelle vision vous avez aujourd’hui du métier dans le monde, mais aussi en France ? C’est un marché que vous connaissez bien. Est-ce que c’est un marché qui a évolué, selon vous ?

Solly Azar :  Ça fait 13 ans que j’ai vendu ma société et que j’ai donc quitté ce métier. Cela fait maintenant 2 ans que je me réinteresse au secteur avec un intéret plus particulier. Et, que dire ? J’ai un peu honte de vous le dire mais je trouve que ça n’a pas beaucoup évolué, voire que ça n’a pas évolué du tout ! Aujourd’hui, Nouga est un courtier digital, permettant à l’assuré de pouvoir tarifer, souscrire et gérer son contrat d’assurance en ligne. Pour réaliser cela, nous cherchons des compagnies ou des partenaires qui sont equipés technologiquement en ce qu’on on appelle des API (web services) et malheureusement, on n’en trouve pas beaucoup. Il y en existe que deux. Et, comme par hasard, Solly Azar et le groupe April.

Thierry Goudy : L’appel est lancé alors ! J’espère que d’autres partenaires avec des API viendront vous voir par la suite ! J’en profite pour rebondir sur le modèle grossiste, un modèle que vous connaissez bien. C’est un modèle qui attire de plus en plus les  fonds d’investissement ainsi que d’autres acteurs autour. Est-ce que c’est normal ? Est-ce parce que c’est un métier qui est rentable ? Comment expliquez-vous cela ?

Solly Azar :   Malheureusement, j’ai vendu mon affaire un peu trop tôt ! Je n’étais pas de la génération des fonds d’investissement. Mais c’est évident qu’aujourd’hui, les fonds d’investissement sont à la recherche de sociétés d’assurance à acquérir parce que c’est un métier extrêmement rentable. Et il l’est d’autant plus lorsqu’il est bien géré, avec de bons outils informatiques derrière. C’est un métier récurrent. C’est un métier sans papier. C’est un métier qui a tous les avantages.

Thierry Goudy : Et concernant les sommes que les fonds d’investissement ou d’autres courtiers sont prêts à mettre pour acheter des cabinets, est-ce que cela vous semble énorme ? Aujourd’hui, on parle quand même de sommes qui dépasse le milliard !

Solly Azar :  C’est énorme, oui ! Mais, c’est la génération. Aujourd’hui, on va payer Neymar 220 millions d’euros. On ne l’aurait même pas payé 20 millions, il y a 15 ans. Donc, les valeurs d’achat a évolué avec son temps.

Thierry Goudy : Une dernière question, et après je vous libère. Est-ce qu’on a des chances de vous revoir, vous personnellement, sur le marché du courtage ? En tout cas, un peu plus souvent en France ?  Est-ce que vous avez la possibilité de vous rapprocher de d’autres courtiers que vous connaissez bien ?

Solly Azar :  Comme vous le savez, quand j’ai créé ce métier de courtier grossiste, c’était pour venir en aide à mes amis assureurs. Aujourd’hui, je me suis posée la question : comment puis-je, une seconde fois, leur venir en aide ? Comme je l’ai expliqué, j’ai mon fils qui habite aux Etats-Unis et qui a une agence digitale spécialisée: Outsmart Labs qui réussit très bien. Il a décidé de venir en aide aux courtiers d’assurances en leur permettant de générer des fiches prospects d’assurance à des prix plus que convenables ! En ce moment, on est en train de lancer un produit qui s’appelle Mes Leads qui est à la portée de tous les courtiers. Ils peuvent, pour 100 euros ou 150 euros, générer leurs propres leads. Parce qu’aujourd’hui comme vous le savez, il est essentiel d’être présent dans le marketing digital : il faut être sur les réseaux sociaux, il faut être sur Facebook, Instagram, etc…

Thierry Goudy : Très bien. Merci beaucoup Solly Azar !

Solly Azar :   Je vous en prie !

 

Le Big Data dans l’assurance automobile

Comme expliqué dans mon article précédent, le phénomène Big Data devrait changer bien des choses au niveau de l’assurance en général, aujourd’hui je m’intéresse aux produits d’assurance auto.

Sur le papier l’objectif est simple pour les assureurs : convaincre les consommateurs de payer des primes d’assurance dont le prix serait lié à leur comportement au volant. Cela permet alors de récompenser les bons conducteurs en baissant leur prime d’assurance. Malheureusement tout n’est pas encore aussi facile car pour connaître le comportement des conducteurs il faut les surveiller et ces derniers, craignant plus l’augmentation de leur prime que l’inverse, refusent logiquement de donner des informations sur leur façon de conduire.

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